~ Atelier Missègle ~

 
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Je suis Myriam Joly, fondatrice de la société Missègle, un atelier de tricotage dans le Tarn

J’ai commencé à évoluer dans le monde du tricot dès mon plus jeune âge sous l’œil avisé de maman qui nous a appris à nous tous, frères et sœurs (3 filles et 3 garçons) le tricot. Mon père quant à lui était au détricotage, mise en écheveau et récupération des vieux pulls. Quand j’ai eu besoin de me faire un peu d’argent de poche pendant mes études d’ingénieur agro, j’ai toqué à la porte de marchands de laine et j’ai tricoté pour eux des pulls à la main. 

Puis, en 1983, j’ai décidé de m’installer avec un élevage non alimentaire en vente directe et une production qui me permette de faire le tour du monde. Et c’est le mohair qui m’a paru répondre à tous mes objectifs. La France en était grande consommatrice et nous n’en produisions pas un gramme. De plus, nous sommes tombés sous le charme de ces animaux. D’où le premier voyage d’étude au Texas en 1981 suivi de l’achat en 1983 du premier troupeau de chèvre angora en France. Ce qui m’inspire ? Les rencontres, les voyages… je vais chercher le yack en Mongolie, l’alpaga au Pérou… Mon passé d’éleveuse me permet d’être très exigeante et d’avoir un oeil avisé sur les conditions d’élevage et la qualité des fibres.

~ Question Guinness Book ~
Combien de pièces as-tu déjà tricotées ?

Je vais donner le tournis aux tricoteuses mains, c’est un peu déloyal de ma part parce que évidement maintenant nous tricotons sur des machines (des italiennes pour les chaussettes et japonaises pour les pulls et accessoires) 220 000 paires de chaussettes par an et 20 000 pulls.

 

~ Question Bucket List  ~
Si tu devais faire la liste complète des projets tricot que tu aimerais tricoter

J’aimerais réaliser le petit pull parfait, celui dans lequel on se sent belle en toutes circonstances. En mohair et soie bien sûr ! Mais je suis peut être pas loin du but, qui sait !

~ Question Fétichisme  ~
Si tu ne pouvais en tricoter plus qu'un seul, quel serait ton point de tricot préféré ?

C’est une question difficile parce qu’en fonction des fibres sur lesquelles je travaille. Les points sont plus ou moins beaux. Le mohair est très particulier à travailler, le rendu est toujours un peu différent avec cette laine. Mais j'aime beaucoup le point de blé, peut-être grâce à son nom !

~ Question Doudou ~
Quelle est ta marque et ta matière préférée de laine ? Si tu ne devais en tricoter qu'une seule, toute ta vie ?

Ah ah, Missegle naturellement. Je façonne mon atelier à mon image, un atelier de tricotage éco-responsable où les gens prennent du plaisir à travailler. Je cherche toujours à tricoter des pièces intemporelles et durables. Ma matière préférée est sans aucun doute l’alliance du mohair et de la soie, c’est une matière isolante, vaporeuse, durable : un vrai bonheur ! Et depuis quelques années, s’y ajoute avec bonheur le duvet de yack que nous avons beaucoup de plaisir à faire venir de chez nos amis nomades en Mongolie.

~ Question Monochrome ~
Si tu ne devais tricoter qu'une seule couleur, laquelle choisirais-tu ?

Le grenade, c’est un peu notre marque de fabrique, un incontournable des collections. Mais Missegle a une tradition de « coloriste ». Je travaille avec les meilleures teinturiers français et c’est un vrai plaisir d’élaborer les gammes de couleurs chaque saison.

~ Question Révulsion ~
Le point ou la technique que n’aime pas du tout ou que tu redoutes ?

Je ne redoute rien ! Je ne suis pas d’une nature à redouter les choses mais plutôt à essayer de trouver des solutions pour que les choses évoluent dans le bon sens.

~ Question Fierté  ~
Quel ouvrage tricot fait ta fierté et pourquoi ?

Ma fierté ! Arriver à faire perdurer des savoir-faire ici dans le Tarn même si cela est parfois compliqué puisqu’il n’existe pas d’école pour apprendre le remaillage par exemple. Nous formons les gens en interne cela prend parfois plus de 2 ans.

~ Question Médicale  ~
Le tricot, c'est aussi une histoire de partage et de transmission.
As-tu transmis le virus à quelqu'un ?

Oh oui ! C’est une autre de mes grandes fiertés, je l’ai transmise à mes fils, deux travaillent avec moi. J’aime les voir évoluer à mes côtés.

~ Question Culinaire ~
Tu organises un dîner exceptionnel qui réunit tes idoles tricoteurs, qui convies-tu à ta table?

Je ne suis pas une fanatique, dans le sens où j’aime le partage, je pense que chacun peut nous apporter quelque chose. J’organise un diner avec plaisir pour qui veut partager un bon moment autour d’une bonne table et d’un bon vin ! Pour parler tricot, littérature, voyage ou autre chose… je suis une grande bavarde !

~ Question Fan ~
Pour quelle personne célèbre souhaiterais-tu tricoter une pièce ?

J’ai du plaisir à voir les yeux qui brillent d’une femme qui se découvre dans le miroir et qui se plait, qu’elle soit célèbre ou pas. Un grand moment de bonheur a été pour moi sur le Salon de l’Agriculture à Paris : j’avais passé un long moment avec une dame, elle m’a dit qu’elle prenait des docs sur tous les stands pour découper les images et les coller chez elle et rêver ensuite toute l’année. Nous avions choisi ensemble un pull accessible à son tout petit budget et j’ai vu ses yeux briller. Et 10 minutes après arrive Catherine Deneuve sur le stand et j’ai eu autant de plaisir à la servir.

~ Question Hyperactif ~
Quand tu tricotes, as-tu l'habitude de regarder une série, un film, d'écouter la radio, de lire ? 

Je peux le dire maintenant parce qu’il y a prescription : j’avais mis au point un système pour coincer le volant sur ma « Tirouline » (ma 2 chevaux d’étudiante) pour pouvoir tricoter sur l’autoroute. Mais chut, ne le répétez pas à mes fils !

~ Question Knit Awards ~
L'enveloppe vient d'être décachetée et ton nom vient d'être proclamé… au moment de ton discours, qui remercies-tu ?

Toutes les personnes qui m’ont aidé sur le chemin et il y en a tant que je ne peux pas toutes les nommer. Une mention spéciale à mes parents qui m’ont transmis des valeurs humanistes qui sont le fil qui sous-tend toute l’aventure. Et un clin d’œil à Dany Houard, qui, alors que ses métiers à filer étaient surbookés, a su faire de la place pour donner corps aux rêves de la jeune fille que j’étais, en transformant mes premières toisons de mohair.


Merci beaucoup Myriam d’avoir répondu à toutes nos questions. On te retrouve sur ton site Internet et sur Instagram.